Dès la mi-septembre, résonne l’appel de l’orignal dans les magnifiques forêts du nord de l’Ontario. Durant cette saison, la fraicheur s’installe et …

 

Les feuilles tombent

d’une musique automne16. 1952 Marie-Ange, Robert & Fortunat Fortier au lac Nassau

les feuilles fondent

d’une couleur rayonnent

 

les feuilles dansent

et se brodent d’argent

les feuilles blanches

s’endorment au vent

 

les feuilles chantent

les feuilles fondent

une… pluie… de feuilles1

 

En cette période de rut, plusieurs chasseurs s’impatientent à l’idée d’enfiler leur manteau de chasse. Chose certaine, chaque habitant connait un proche, un ami ou un voisin qui déjà rêve de dénicher le « roi des forêts » en cette saison de chasse, qui a débuté dans certains secteurs du nord de l’Ontario. Certains diront même que chez nous, la vie s’arrête ou presque pendant la saison de chasse.

La chasse à l’orignal occupe une place importante dans l’histoire canadienne. De prime abord, dans la culture traditionnelle amérindienne, cet animal, à l’allure puissante, était chassé pour plusieurs raisons. D’une part, sa chair était essentielle à la survie et sa fourrure importante pour établir des échanges entre les tribus autochtones. D’autre part, cette chasse représentait un rituel réservé à l’initiation des jeunes chasseurs.2

À leur arrivée en Amérique du Nord, les Français ont découvert ce gibier fabuleux et ont adopté les techniques de chasse qu’utilisaient les Amérindiens. L’utilisation du fusil leur facilitait évidemment la tâche. La chaire de l’orignal était très appréciée et essentielle pour nourrir les familles, plutôt nombreuses à cette époque. Avec le temps, cette activité traditionnelle s’est transmise de père en fils chez les Canadiens français.

Depuis le milieu du XXe siècle, la chasse est devenue essentiellement sportive et récréative. Les photos retrouvées dans le fonds Jacqueline Clamouse de la Touche et dans la collection Robert Fortier, témoignent de l’importance que la chasse à l’orignal occupe dans la culture populaire de la région. En effet, plusieurs d’entre elles illustrent des orignaux récoltés. Certaines, de très bonne qualité, permettent d’identifier des techniques de chasse. Selon Robert Fortier, son père Fortunat Fortier adorait la chasse. La population d’orignaux était si élevée, qu’il attendait jusqu’à la toute dernière journée de chasse pour récolter son trophée. De cette façon, il pouvait profiter pleinement de la période de chasse. Les photos sont classifiées et disponibles au Centre d’archives de la Grande Zone argileuse.3

 

De nos jours, un permis valide est obligatoire pour chasser l’orignal. Avec les technologies modernes, il est plus facile d’abattre cet animal à l’imposant panache. Il s’agit possiblement d’une des raisons qui explique la diminution des orignaux dans plusieurs secteurs.

En terminant, voici une prière à laquelle plusieurs chasseurs et chasseuses pourront s’identifier :

mm

Fais Seigneur,

que moi pauvre chasseur,

je revienne avec du gibier,

quoi que je suis très bon menteur,

j’aime bien mieux dire la vérité,

Amen!

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Bonne chasse à tous et à toutes!

background-dsdsRédigé par Daniel Fauchon.

 

1. Lizotte, Guy. Reprises : poésie / par Guy Lizotte ; préface de Johanne Melançon ; postface de Robert Yergeau, Ottawa, Le Nordir, 2002.

N.B.Vous trouverez le Fonds Guy Lizotte au Centre d’archives de la Grande Zone argileuse.

2. Serge, Gauthier. « Chasse à l’orignal », Encyclopédie du patrimoine culturel de l’Amérique française, 2012, page consultée le 12 septembre 2016, http://www.ameriquefrancaise.org/fr/article634/Chasse_%C3%A0_l%E2%80%99orignal.html#2

3. Centre d’archives de la Grande Zone argileuse : Fonds Jacqueline Clamouse de la Touche (JCT), Collection Robert Fortier (RF)

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Photo:

  1. Photo n° 16 de la collection Robert Fortier. La photo illustre Robert Fortier accompagné de sa mère Marie-Ange et son père Fortunat Fortier, au lac Nassau, en 1952.
  2. Site Web de Newsletter, page consultée le 12 septembre 2016
    http://newsletter.lametallerie.net/background-automne.gif